📅 11 septembre 2026

LMNP : la fin de l'avantage fiscal à la revente, ce qui change vraiment

RadarImmo — Fiscalité · 7 min de lecture

Depuis la loi de finances 2025, les amortissements déduits en LMNP au réel sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente. Le montage qui faisait du LMNP l'un des statuts préférés des investisseurs perd une grande partie de son intérêt à la sortie. Décryptage.

2025
année d'entrée en vigueur de la réforme (loi de finances)
Réel
régime concerné — le micro-BIC n'est pas touché par ce mécanisme
Rétrospectif
tous les amortissements déjà déduits depuis l'achat sont concernés

Le montage LMNP, avant la réforme

Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) au régime réel permettait un montage très efficace : l'investisseur amortissait comptablement le bien (hors terrain) et le mobilier chaque année, ce qui réduisait voire annulait l'impôt sur les loyers perçus pendant des années. Et surtout, contrairement à un local professionnel ou à une location nue, ces amortissements n'étaient pas repris dans le calcul de la plus-value lors de la revente. Le bien était cédé sur la base de son prix d'achat initial, comme si les déductions fiscales n'avaient jamais eu lieu.

C'était, de fait, un double avantage : peu ou pas d'impôt pendant la détention, et une plus-value calculée comme en nu à la sortie. Ce régime attirait une part importante des investisseurs en résidence principale secondaire louée meublée, en studio étudiant ou en investissement locatif classique meublé.

Ce que change la loi de finances 2025

La loi de finances pour 2025 met fin à cette asymétrie. Désormais, pour les cessions réalisées depuis l'entrée en vigueur du texte, les amortissements déduits au régime réel sont réintégrés dans le calcul de la plus-value. Concrètement, le prix d'acquisition retenu pour le calcul est diminué du montant total des amortissements pratiqués depuis l'achat, ce qui mécaniquement augmente la plus-value imposable.

Le LMNP au réel se rapproche ainsi du traitement déjà appliqué en LMP (loueur meublé professionnel) et aux biens professionnels amortis : ce qui a été déduit pendant la détention est repris à la sortie.

Le point qui a le plus surpris les investisseurs : la réforme ne s'applique pas seulement aux amortissements futurs. Elle porte sur l'ensemble des amortissements déjà déduits depuis l'acquisition du bien, y compris ceux des années antérieures à 2025, dès lors que la vente intervient après l'entrée en vigueur de la loi. Un investisseur qui détient un bien en LMNP depuis dix ans et vend en 2026 verra donc une décennie d'amortissements réintégrée dans son calcul, même si ces déductions ont eu lieu avant le vote du texte.

Un exemple pour comprendre l'impact

Prenons un exemple simplifié à titre illustratif. Un investisseur achète un studio meublé 150 000 € et pratique, sur plusieurs années de détention, environ 40 000 € d'amortissements cumulés (bien + mobilier). Il revend ensuite 190 000 €.

À vérifier au cas par cas : les abattements pour durée de détention (exonération totale d'impôt sur le revenu au-delà de 22 ans, de prélèvements sociaux au-delà de 30 ans) continuent de s'appliquer sur la plus-value ainsi recalculée. Un bien détenu très longtemps reste donc nettement moins impacté qu'une revente rapide.

Qui est vraiment concerné ?

La réforme cible le régime réel. Les loueurs au micro-BIC, qui ne pratiquent pas d'amortissement individualisé (l'abattement forfaitaire en tenant lieu), ne sont pas concernés par ce mécanisme de réintégration à la revente.

Certaines résidences avec services — étudiantes, séniors, EHPAD — bénéficient d'un traitement particulier sous conditions, notamment liées à l'agrément de la résidence. Ces cas restent techniques et méritent systématiquement l'avis d'un expert-comptable avant toute décision de cession.

Ce que ça change dans la stratégie d'investissement

Le LMNP reste un statut intéressant pour son traitement fiscal pendant la détention : l'amortissement continue de réduire, voire d'annuler, l'imposition des loyers perçus chaque année. Ce qui change, c'est le calcul à la sortie — et donc l'horizon de détention optimal.

Trois conséquences pratiques :

La logique reste la même qu'avant : plus l'acquisition se fait avec une marge de sécurité (prix sous la moyenne du marché local), plus l'investissement encaisse sans dommage les évolutions fiscales à venir. C'est précisément ce que RadarImmo permet de repérer en croisant les prix affichés avec les transactions DVF réelles de chaque commune.

Questions fréquentes

La réforme s'applique-t-elle aux amortissements déduits avant 2025 ?

Oui. La réintégration porte sur l'ensemble des amortissements déduits depuis l'acquisition du bien, y compris ceux pratiqués les années précédentes, dès lors que la cession intervient après l'entrée en vigueur de la loi.

Le micro-BIC est-il concerné par cette réforme ?

Le mécanisme de réintégration vise spécifiquement les amortissements comptables déduits au régime réel. Au micro-BIC, il n'y a pas d'amortissement individualisé, donc le calcul de la plus-value reste sur les mêmes bases qu'auparavant pour ce régime.

Toutes les locations meublées sont-elles concernées ?

Non. Certaines résidences avec services (étudiantes, séniors, EHPAD) bénéficient d'un traitement particulier sous conditions. Pour un cas précis, la validation par un expert-comptable reste indispensable avant toute cession.

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