Taux de crédit qui repartent doucement à la hausse, une réforme du calcul DPE qui reclasse des centaines de milliers de logements sans le moindre travaux, et une loi sur les passoires thermiques toujours suspendue au vote du Parlement : voici ce qu'il faut retenir ce mois-ci.
Après un été de relative stabilité, la rentrée 2026 marque un tournant pour le crédit immobilier. Les taux moyens s'établissent désormais autour de 3,43 % sur 15 ans, 3,54 % sur 20 ans et 3,61 % sur 25 ans, soit une hausse d'environ 0,1 point en un mois, quelle que soit la durée empruntée.
La cause n'est pas la Banque centrale européenne, dont les taux directeurs pèsent surtout sur le financement court terme des banques. Le véritable indicateur à surveiller est l'OAT française à 10 ans, le taux auquel l'État emprunte sur les marchés : il est passé d'environ 3,60 % à 4,10 % en quelques mois, son plus haut niveau depuis plusieurs années, reflétant les tensions sur le contexte budgétaire national.
Côté prix, la stabilité domine au niveau national : -0,6 % sur un an pour les logements anciens à fin juillet 2026, avec un léger repli des maisons (-0,9 %) plus marqué que celui des appartements (-0,3 %). L'emploi reste globalement résilient, mais la prudence des ménages pèse davantage sur les volumes de transactions que sur les prix eux-mêmes.
C'est probablement l'information la moins relayée du moment, alors qu'elle concerne potentiellement des centaines de milliers de propriétaires : depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité utilisé dans le calcul du DPE est passé de 2,3 à 1,9. Concrètement, un logement chauffé à l'électricité voit sa consommation énergétique recalculée à la baisse dans l'algorithme du DPE, sans qu'aucun travaux n'ait été réalisé.
Selon les estimations gouvernementales, entre 700 000 et 850 000 logements principalement chauffés à l'électricité pourraient ainsi sortir mécaniquement des classes F et G. Cette réforme s'ajoute à celle de juillet 2024, qui avait déjà corrigé le calcul pour les petites surfaces (moins de 40 m²) et fait sortir environ 140 000 logements du statut de passoire.
Pour un investisseur, cette réforme change aussi la lecture des décotes DPE : un bien encore affiché comme "passoire" sur une annonce ancienne peut en réalité avoir changé de classe depuis, ce qui rend la vérification du DPE réel — pas celui affiché sur l'annonce — plus importante que jamais avant de négocier un prix.
Annoncé le 23 avril 2026 à Marseille par le Premier ministre Sébastien Lecornu, le projet de loi "Relance logement" prévoit de permettre aux propriétaires de logements classés F ou G de les remettre en location, à condition de signer un engagement de travaux sur 3 ans pour une maison individuelle et 5 ans pour un appartement en copropriété. L'objectif affiché est de remettre entre 650 000 et 700 000 logements sur le marché locatif d'ici 2028.
Le texte a franchi une première étape : le Sénat l'a adopté le 8 juillet 2026. Mais l'exécutif ne dispose pas de majorité stable à l'Assemblée nationale, où le texte doit encore être examiné. Le gouvernement vise un vote avant la fin de l'année 2026, mais le calendrier et le contenu final du texte restent incertains à ce stade.
Le texte comporte aussi un troisième programme national de rénovation urbaine (ANRU 3), un élargissement du dispositif Jeanbrun aux maisons individuelles anciennes, et une décentralisation de l'attribution des logements sociaux vers les maires — autant de mesures qui pourraient redessiner certains marchés locaux si le texte est finalement adopté.
Trois réflexes à adopter dès maintenant selon votre situation :
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La tendance de septembre 2026 est à une légère hausse (+0,1 point en un mois), portée par la remontée du rendement de l'OAT française à 10 ans, passé d'environ 3,60 % à 4,10 % en quelques mois. Cette évolution dépend surtout du contexte budgétaire national, pas uniquement de la politique de la BCE.
Oui, si votre logement est chauffé à l'électricité. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité utilisé dans le calcul du DPE est passé de 2,3 à 1,9, ce qui améliore mécaniquement la note énergétique de nombreux logements électriques sans qu'aucun travaux ne soit réalisé.
Non, pas encore au niveau national. Le Sénat a adopté sa version du texte le 8 juillet 2026, mais le gouvernement ne dispose pas de majorité stable à l'Assemblée nationale, où le texte doit encore être examiné. L'exécutif vise un vote avant la fin de l'année 2026, mais le calendrier et le contenu final restent incertains.
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