📅 31 août 2026

DPE G : les propriétaires bradent, combien perdent-ils vraiment ?

RadarImmo — Analyse · 7 min de lecture

Les Notaires de France chiffrent la décote à 25 % sur les maisons classées G en 2026. Voici pourquoi les vendeurs sont sous pression, ce qu'ils perdent, et comment en profiter en tant qu'investisseur.

−25%
décote max maison classée G vs D (Notaires de France)
453 000
logements G interdits à la location depuis 2025
84 j
durée médiane de vente d'un bien F/G (vs 79 j pour A-D)

Combien perd vraiment un propriétaire qui vend un DPE G ?

Les chiffres sont sans appel. Selon le bilan annuel des Notaires de France publié en décembre 2025, une maison classée G subit une décote moyenne de 25 % par rapport à un bien équivalent classé D. En appartement, l'écart est de 15 à 22 %, selon une enquête GoFlint de mars 2026.

Concrètement, sur un bien estimé à 200 000 € en classe D, le propriétaire d'un bien classé G dans la même rue vend en moyenne entre 156 000 et 170 000 €. Une perte sèche de 30 000 à 44 000 €.

Pour un appartement parisien classé G, le m² moyen tombe à 10 081 € contre 11 154 € pour un bien mieux classé. Soit 1 073 € de décote par m². Source : étude GoFlint, mars 2026.

Pourquoi les vendeurs bradent : les 3 pressions qui s'accumulent

1. L'interdiction de location

Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être mis en location. Cette contrainte élimine une part importante de la demande habituelle (les investisseurs locatifs) et force les propriétaires bailleurs à vendre. Beaucoup le font vite, sous pression financière.

2. La difficulté de financement

Les banques durcissent leurs conditions pour les biens F et G. Certains acheteurs voient leur dossier refusé ou obtiennent des taux moins favorables sur ces biens. La base d'acheteurs potentiels se réduit mécaniquement.

3. L'obligation d'audit énergétique

Depuis avril 2023, tout bien classé F ou G vendu doit faire l'objet d'un audit énergétique. Ce document chiffre le coût des travaux nécessaires et le met noir sur blanc dans le dossier de vente. Difficile pour le vendeur de minimiser l'ampleur des travaux quand le chiffre est sur papier.

Ce que ça représente pour l'investisseur

La pression sur les vendeurs crée mécaniquement une opportunité pour les acheteurs avertis. La clé est de distinguer les biens dont la décote est réelle et exploitée de ceux qui ont un prix bas pour d'autres raisons (problèmes structurels, localisation, charges).

La stratégie gagnante en 2026 : acheter un bien F/G dont la décote DPE est réelle, réaliser les travaux énergétiques avec les aides disponibles (MaPrimeRénov, CEE, éco-PTZ pouvant couvrir jusqu'à 70 % du coût selon les revenus), puis louer ou revendre à un prix revalorисé.

Un passage de G à D coûte entre 400 et 800 €/m² à Paris selon les travaux. Sur 50 m², soit 20 000 à 40 000 €. Si la décote d'achat est de 30 000 €, l'équation est favorable avant même de prendre en compte les aides.

Comment identifier les biens dont la décote est vraiment exploitée

Toutes les passoires thermiques ne sont pas des opportunités. Certains biens F/G ont un prix bas qui reflète simplement leur valeur réelle dans une zone peu demandée. D'autres sont véritablement sous-cotés par rapport à leur marché local.

La seule méthode fiable est de comparer le prix affiché avec les transactions réelles dans la même commune, disponibles dans la base DVF (Demandes de Valeurs Foncières) du gouvernement. Si un bien F/G est affiché 20 % sous la moyenne DVF de la commune, la décote est réelle et documentée. Si le prix est conforme à la moyenne DVF, la décote DPE est déjà intégrée — pas d'opportunité.

RadarImmo automatise ce croisement sur 94 départements, en ajoutant le signal succession pour identifier les vendeurs les plus pressés.

La décote varie fortement selon les régions

Les écarts sont très importants selon les territoires. En PACA, la décote sur les maisons classées G atteint 15 à 25 % par rapport à un équivalent classé C ou D. Dans la Creuse, des décotes de 59 % ont été observées — mais dans un marché global peu liquid et peu demandé. Ce qui compte pour un investisseur, c'est la décote dans un marché locatif actif.

Piège à éviter : une décote élevée dans une zone sans demande locative n'est pas une opportunité. L'équation gagnante combine décote réelle ET marché locatif tendu.

Questions fréquentes

Un bien classé G peut-il être vendu en 2026 ?

Oui. Il n'existe pas d'interdiction de vente pour les biens G. Seule la location est interdite depuis 2025. La vente reste possible, avec obligation de fournir un audit énergétique au dossier.

Combien coûtent les travaux pour sortir du G ?

Entre 400 et 800 €/m² selon le type de bien et les travaux nécessaires. Un T3 de 70 m² représente 28 000 à 56 000 € de travaux. Les aides (MaPrimeRénov, CEE, éco-PTZ) peuvent couvrir jusqu'à 70 % selon les revenus.

La décote va-t-elle disparaître avec la loi Lecornu ?

Oui, progressivement. Si la loi Lecornu passe, les propriétaires de biens F/G pourront à nouveau louer sous engagement de travaux. La pression à la vente se réduira, et avec elle la décote. C'est pourquoi la fenêtre d'achat est actuellement favorable.

Détectez les opportunités avant tout le monde

RadarImmo croise DPE ADEME, transactions DVF et actes de succession sur 94 départements. Score 0→100 sur chaque bien. Alertes email 2x/jour.

Accéder au radar → Voir les tarifs