De plus en plus de villes plafonnent les loyers à la relocation. Pour l'investisseur, cela change la donne : la rentabilité ne se joue plus sur la hausse du loyer, mais sur la qualité de l'achat. Explications et stratégie.
Instauré à titre expérimental par la loi ELAN de 2018 et prolongé depuis, l'encadrement des loyers permet aux collectivités volontaires, situées en zone tendue, de plafonner les loyers à la relocation et à la première location. Chaque territoire concerné publie un loyer de référence, un loyer de référence majoré (le plafond à ne pas dépasser, sauf complément de loyer justifié) et un loyer de référence minoré, par zone géographique et par type de bien : nombre de pièces, époque de construction, location nue ou meublée.
Paris a été la première ville à l'appliquer, suivie progressivement par Lille, Plaine Commune et Est Ensemble en Seine-Saint-Denis, Lyon et Villeurbanne, puis Bordeaux et Montpellier. D'autres agglomérations ont depuis déposé ou obtenu leur classement en zone d'encadrement. La liste évolue régulièrement : avant tout achat dans une grande agglomération, il est indispensable de vérifier le statut exact de la commune auprès de la préfecture ou de l'observatoire local des loyers.
Un propriétaire peut dépasser le loyer de référence majoré uniquement s'il justifie d'un complément de loyer, lié à des caractéristiques exceptionnelles du logement (terrasse, vue dégagée, rénovation haut de gamme, équipements rares). Ce complément doit figurer explicitement dans le bail et rester justifiable.
Dans une zone encadrée, le levier classique de l'investisseur — augmenter le loyer à chaque relocation pour suivre le marché — disparaît largement. Le loyer plafond évolue chaque année selon l'indice de référence des loyers (IRL), donc bien plus lentement que ne le ferait un marché libre en tension.
Conséquence directe : la rentabilité d'un bien acheté au prix du marché dans une zone encadrée est en grande partie figée dès l'achat. Le rendement locatif ne peut plus vraiment s'améliorer par la hausse du loyer — il ne peut s'améliorer que par une baisse du prix d'acquisition.
Deux approches se complètent pour un investisseur qui cible une zone encadrée :
Dans les deux cas, la logique rejoint celle déjà valable pour les biens DPE F/G ou issus d'une succession : c'est la qualité du prix d'entrée, documentée par des données réelles, qui fait la rentabilité — pas les hypothèses sur l'évolution future du marché locatif.
Chaque ville concernée publie un arrêté préfectoral fixant les loyers de référence par zone et par type de bien (nombre de pièces, époque de construction, meublé ou non). Ces arrêtés sont consultables sur le site de la préfecture ou de l'observatoire local des loyers de la commune concernée.
Oui. Le dispositif s'applique aux locations nues comme meublées dans les zones concernées, avec des loyers de référence distincts pour chaque catégorie.
Le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation puis le juge pour faire baisser le loyer. Le propriétaire s'expose aussi à une amende administrative pouvant atteindre plusieurs milliers d'euros, prononcée par le préfet.
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